Comment le yoga chaud m’a fait aimer le yoga

16 octobre 2017 | Comment le yoga chaud m’a fait aimer le yoga par Marjolaine Faucher

Quarante degrés celsius.
C’est tout ce qu’il me fallait entendre pour paniquer un peu et être réticente à l’idée d’essayer le yoga chaud. Voyez-vous, je supporte mal la chaleur (je trouve plus facile de se réchauffer que de se refroidir!), j’ai une petite tendance hypotensive (donc sujette aux chutes de pression) et aussi une petite tendance claustrophobe (quoi, je vais devoir rester à 40 degrés pendant 75 minutes, sans sortir?!?).

J’ai quand même voulu essayé. Masochiste? Nah, curieuse.
Et de toute façon, je me doutais bien que la peur prenait trop de place.

J’ai donc suivi ma première classe de yoga chaud il y a environ 6 ans. Adepte de spinning depuis des années, je cherchais un moyen de gagner en souplesse… des muscles et du mental. Ce qu’on me promettait dans une salle chauffée à 40 degrés. Je vous raconte mon expérience, ou le début de mon amour du yoga.

Je suis arrivée d’avance, pour être sûre d’avoir la place la plus près de la porte. Le monde rentrait et tombait immédiatement sur moi. Je les regardais avec un sourire forcé, et j’analysais la porte pour m’assurer qu’elle ne se barrait pas. Je trouvais ça assez ironique, d’être autant stressée à l’idée de faire du yoga!

Et j’étais aussi sceptique. Parce que ce que je recherchais surtout, c’était de calmer mon p’tit hamster. Et si je me fiais à mes expériences antérieures de yoga (plus passif et pas de chaleur), non seulement il ne se calmait pas, mais il spinnait encore plus. Ça c’est quand je ne m’endormais pas carrément. J’appréhendais aussi les postures… disons que j’étais loin d’être la plus flexible. Y’avait des univers qui me séparaient de la yogini typique que vous imaginez, amenant front aux orteils aisément, et courbant le corps dans des postures inimaginables.

Bref, armée de mon scepticisme et de mes peurs : de la chaleur, de tomber dans les pommes, de ne plus pouvoir quitter la salle, d’être poche et trop raide; le cours a commencé. J’avais enfilé mes plus petits shorts et une camisole, et j’ai regretté : rien ne m’avait préparée à ce qu’au milieu du cours mon corps glisse de partout. On enchaînait les postures et parfois elles étaient difficiles à faire non pas par leur complexité, mais simplement parce que tenir ta jambe en sueurs… c’est un défi!

Mais après 70 minutes d’efforts, couchée sur le sol en savasana (le cadavre), j’ai réalisé que j’avais épuisé mon p’tit hamster (faudrait bien que je lui trouve un nom…). Parce que dans une salle où tu te mets à suer même des bras (les boys, je sais que c’est toujours votre réalité, mais pas nous!), des jambes pis de partout en fait; le p’tit hamster, y’a juste pas le choix de prendre un break pendant que ton cerveau se concentre sur ta respiration. Inspire, gestion de la chaleur et de l’inconfort, expire. Pas de place pour autre chose.

Premier jour de formation de professeure de yoga chaud - équipée comme il faut!

Pas de place pour

  • «Oh, mais qu’est-ce que je me ferais bien à manger ce soir?»;
  • «Cr*** de collègue qui me parle toujours de ses problèmes»;
  • «J’ai toujours pas eu de nouvelles de ma date de y’a trois jours, je devrais-tu le texter…»;
  • «Mais qui suis-je et que fais-je dans ce monde?»

Juste de la place pour la respiration, et le moment présent. Et ça, pour une personne anxieuse, c’est une délivrance.

Après 75 minutes d’effort, je suis ressortie détrempée, détendue de partout et remplie d’endorphines. Je suis ressortie fière de moi, parce que j’avais surmonté mes peurs. Mais surtout, je suis ressortie en félicitant mon p’tit hamster : je n’avais jamais autant décroché de mes pensées.

Encore aujourd’hui, c’est ce qui me fascine dans ma pratique, et ce qui rend le yoga essentiel à ma vie.